Risques cardiovasculaires : L’arrivée du froid rime souvent avec bouillottes, chocolat chaud et plaids douillets. Pourtant, derrière cette ambiance cocooning se cache une réalité médicale bien moins réconfortante : les baisses de température et les variations thermiques brutales représentent un défi de taille pour notre système cardiovasculaire. Ce phénomène, souvent sous-estimé, mérite toute notre attention.
Le froid, un facteur de risques cardiovasculaires à part entière
Lorsque le mercure chute, notre corps enclenche un mécanisme de survie pour préserver sa chaleur interne. Pour maintenir sa température à 37°C, les vaisseaux de la peau se contractent et diminuent de calibre afin de redistribuer le sang en profondeur vers les organes vitaux comme le cœur et le cerveau. Ce phénomène s’accompagne d’une augmentation de la tension artérielle, du rythme et de l’activité cardiaques.
Assurance Maladie – Réactions de l’organisme au froid et personnes à risque
Le cœur doit donc fournir un effort supplémentaire pour pomper le sang.
L’air froid provoque une contraction involontaire des vaisseaux sanguins, ce qui peut favoriser le détachement des plaques d’athérome (accumulation de dépôts graisseux et calcaires) présentes sur les parois des artères. Cela peut entraîner l’aggravation d’une angine de poitrine ou d’une artérite des membres inférieurs, ainsi que la survenue d’un infarctus du myocarde (crise cardiaque) ou d’un accident vasculaire cérébral de type ischémique .
Assurance Maladie – Maladies aggravées par le froid
Les changements brusques de température : un danger spécifique
Les variations de température brutales, notamment le passage du chaud au froid, sont particulièrement redoutables. L’exposition au froid constitue une véritable agression pour l’organisme .
Assurance Maladie – Prévenir les risques liés aux médicaments en période de grand froid
Le corps doit alors déployer une adaptation rapide et importante pour maintenir sa température interne à 37°C.
La contraction des vaisseaux due au froid et aux variations de température favorise également les crises typiques du phénomène de Raynaud, un trouble de la circulation sanguine qui se manifeste par un arrêt temporaire de l’afflux de sang dans les doigts .
Qui est particulièrement concerné ?
Certaines populations sont plus vulnérables aux effets du froid sur le système cardiovasculaire. Les personnes dont la thermorégulation peut être insuffisante ou perturbée sont les plus exposées :
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Les personnes âgées, dont le métabolisme de base diminue et la perception de la température est moins fine : Ministère de la Santé – Bulletin officiel n°2008-11
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Les nourrissons et les jeunes enfants, dont le système de régulation de température est encore immature
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Les patients atteints de maladies chroniques comme l’insuffisance cardiaque, l’hypertension artérielle, le diabète ou l’hypothyroïdie
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Les personnes ayant des séquelles de maladie cardiovasculaire (AVC, etc.)
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Les personnes en situation de précarité, sans abri, ou les travailleurs en extérieur
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Les personnes atteintes de maladies saisonnières respiratoires (bronchite, grippe), qui fragilisent davantage l’organisme
Comment se protéger du froid pour se préserver des risques cardiovasculaires
La prévention constitue la meilleure protection face aux risques cardiovasculaires liés au froid. Les autorités de santé recommandent plusieurs gestes simples.
Adopter une stratégie d’habillage en couches
L’idéal est d’opter pour plusieurs couches de vêtements légers plutôt qu’un seul épais. N’oubliez pas de couvrir particulièrement les parties du corps qui perdent le plus de chaleur : la tête, le cou, les mains et les pieds. Il est également conseillé de se couvrir le nez et la bouche pour respirer moins d’air froid .
Éviter les efforts physiques intenses en extérieur
En période de grand froid, mieux vaut limiter les efforts physiques, même lorsqu’on est en bonne santé. Le froid demande des efforts supplémentaires à notre corps, et notamment au cœur qui bat plus vite pour lutter contre le refroidissement, ce qui peut aggraver d’éventuels problèmes cardio-vasculaires . Les personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires devraient privilégier les activités en intérieur durant les jours les plus froids.
Maintenir son domicile à une température stable
Il est recommandé de chauffer normalement son logement sans le surchauffer, tout en s’assurant de sa bonne ventilation pour éviter tout risque d’intoxication au monoxyde de carbone. Attention à ne jamais obstruer les dispositifs d’aération .
Faire attention aux médicaments
Lors d’une période de grand froid, certains médicaments peuvent empêcher ou gêner la thermorégulation du corps . Par exemple, les benzodiazépines, les barbituriques et certains neuroleptiques perturbent la thermorégulation. De plus, certains antihypertenseurs et vasodilatateurs limitent la vasoconstriction des vaisseaux de la peau, indispensable à la réaction de l’organisme pour lutter contre le froid. Il est également important de respecter les conseils de conservation et de transport des produits de santé, car le froid peut altérer leur efficacité.
Éviter l’alcool
Contrairement aux idées reçues, la consommation d’alcool ne réchauffe pas. Au contraire, l’engourdissement qu’elle provoque fait disparaître les signaux d’alerte du froid qui incitent à se protéger . La consommation d’alcool est même un facteur favorisant l’apparition d’une hypothermie .
Porter une attention particulière aux personnes fragiles
Il est important de prêter une attention accrue aux nourrissons, aux enfants et aux personnes âgées. Sauf nécessité impérative, évitez les sorties aux nourrissons en période de grand froid, car leur capacité d’adaptation aux changements de température n’est pas aussi performante que celle d’un enfant ou d’un adulte . Les personnes âgées doivent, autant que possible, s’abstenir de sortir pour préserver leur santé et également pour éviter tout risque de chute, les périodes de grand froid étant propices à la neige et au verglas.
Adapter ses activités en cas de pollution
En période de grand froid, les conditions anticycloniques froides et stables limitent la dispersion des particules polluantes, ce qui peut engendrer un surcroît d’émissions, notamment dû au chauffage . En cas de pic de pollution, il est conseillé d’éviter les zones à fort trafic routier aux périodes de pointe, de privilégier les activités modérées et des sorties plus brèves. En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, il est recommandé de prendre conseil d’un professionnel de santé.
Attention au « syndrome du déneigeur »
Chaque hiver, les médecins constatent une augmentation des infarctus chez les personnes qui déneigent leur entrée ou leur voiture. L’effort brutal, associé au froid, provoque une montée soudaine de la pression artérielle et du rythme cardiaque. Chez les personnes ayant des facteurs de risque cardiovasculaires, cette combinaison peut être fatale. Il est recommandé de déneiger à un rythme modéré, de faire des pauses et de porter des vêtements suffisamment chauds.
Le tabagisme, un facteur aggravant
Les fumeurs sont particulièrement vulnérables aux risques cardiovasculaires du froid. La consommation de tabac, combinée aux vasoconstrictions causées par les basses températures, multiplie le risque d’accident ischémique. Le sevrage tabagique est une mesure essentielle, surtout en saison humide. Les substituts nicotiniques peuvent aider à arrêter le tabac en période froide. Pour en savoir plus sur les facteurs de risque cardiovasculaire modifiables, vous pouvez consulter les ressources de l’Assurance Maladie qui détaillent l’impact du tabagisme, de l’alimentation et de la sédentarité sur la santé cardiovasculaire.
Assurance Maladie – Mémo sur les facteurs de risque cardiovasculaire
À retenir
Le froid et les changements de température sont de véritables facteurs de stress pour le système cardiovasculaire. Leur impact est d’autant plus important que la personne présente des facteurs de risque préexistants. Une meilleure compréhension de ces mécanismes permet d’adopter des comportements protecteurs, réduisant ainsi le risque d’événements cardiaques graves. La vigilance hivernale est un geste de prévention qui sauve des vies.
Le Dr Audrey MONKAM-NOUTONG, est coach en bien-être et formatrice en techniques de méditation et de gestion du stress. Elle accompagne les particuliers et les entreprises à cultiver un équilibre de vie durable et sain . À travers l’Association VAINCOEUR, elle promeut une culture de prévention active en milieu professionnel et personnel.